mardi 1 avril 2014

Bonne pomme... (tartelettes pomme-thym à la crème d'amande)




L'autre jour, j'ai lu un tweet sur ma petite ville qui m'a fait beaucoup rire : il disait "ouverture d'un Apple store place de l'église", et montrait une photo d'un petit producteur de pommes tout entouré de ses cageots.
C'est que, par chez nous, c'est un peu le pays de la pomme...


Soyons clairs, je n'ai pas décidé de m'installer ici (uniquement) pour cette raison. Je préfère d'emblée faire taire les mauvaises langues qui savent combien les pommes m'attirent depuis toute petite. D'ailleurs, à l'heure où certains enfants tiennent des petits lapins ou moutons, foulards, belettes multicolores dans un état douteux, moi, je vous le donne en mille : j'avais une pomme. Pas un fruit frais, tout de même (ne remettons pas en cause la santé mentale de mes consciencieux parents), mais un doudou rouge et rond, cousu par ma grand-mère, avec en guise de tige un petit lien pour être attaché au poignet. Pour en faire la description intégrale, (je sens que j'ai au bout de mes doigts votre fascination impatiente), cette pomme en feutre toute plate portait même sur une de ses faces mon prénom, cousu en jaune. Et je ne vous raconte pas les épisodes de "Céline a perdu sa pomme", qui, s'il n'existait pas dans le monde les guerres, les dictateurs et les tsunamis, figureraient dans les livres d'histoire à la rubrique catastrophe humaine sans borne et sans bilan de larmes chiffré.
Bref. Ainsi, la pomme est depuis toujours le fruit qui m'apaise, et sans lequel je ne peux avoir un sommeil tranquille. Désormais, il paraît que je ne peux plus me balader en permanence avec un rond rouge disloqué pendu à mon poignet, alors je me rattrape sur le fruit, le vrai. L'admiration que je nourris à son égard n'a d'égal que le délice qu'elle me procure quand elle me nourrit, moi. Je l'aime sous toutes ses formes, crue et croquée avec la peau, cuite au four entière (avec de la confiture à la place du trognon) sur une biscotte, dorée en petits morceaux à la poêle ou rôtie avec une pincée de cannelle.
Eve, où que tu sois, sache-le : je te comprends, à un point que tu n'imagines même pas.
Par conséquent, quand je fais une tarte, j'essaie de varier les fruits, comme lors de mes petits déjeuners (clic), parce que je mange déjà tellement de pommes par ailleurs dans la journée qu'un souci légitime de variation culinaire et gustative intervient. Sauf que là...ce jour-là, j'avais comme une envie de tarte aux pommes, voilà. J'avais besoin de réconfort, et l'idée d'une petite tartelette décorée de lamelles juste fondantes de mon fruit-doudou me rassurait autant que les meilleures accolades amicales. Alors, alors, j'ai eu envie de varier, quand même. De conserver la base, de faire une vraie tarte aux pommes, mais juste un peu revisitée. Ne pas changer la recette mais en proposer ma version. (J'ai trop regardé Top Chef.)
Du coup, j'ai eu l'idée de cette tartelette aux pommes mi-crues, mi-cuites.
Comme support, une pâte feuilletée maison archi simplifiée. J'adore cette recette : elle ne contient pas de beurre, des petits suisses remplaçables par du yaourt de soja, elle peut se customiser à l'envi selon les farines dont on dispose, elle est malléable et moelleuse en bouche. Le pliage en 3 fois ne donne pas un vrai résultat de pâte feuilletée pur beurre de boulanger, ne vous attendez pas à cela, mais quand même : c'est peut-être pure fantaisie de mon cerveau gourmand, mais j'ai l'impression que cela aère légèrement la pâte, et lui donne une consistance un peu plus crousti-moelleuse.
Sur ce support précuit, un peu de crème d'amande toute crue, dans laquelle le mélange pomme-thym se fait tout savoureux, crème que j'ai dévorée ensuite à la petite cuillère...
 
Et, au top, cerise sur le baba, pomme sur la tartelette, des fines lamelles de pomme justes décrudies par un ultime passage au four. C'est tout simple, c'est bon froid, ça se déguste tiède, c'est une tuerie même dès la sortie du four.... Mieux encore que ma petite pomme enfantine, un vrai dessert mi-classique, mi-nouveau. L'apple-pie de la transition, voyez-vous.
Want to try?...




Tartelettes pomme-thym à la crème d'amandes, mi-crues mi-cuites

Pour 4 tartelettes


Pour la pâte :
180 g de farines variées (ici ma main hasardeuse a choisi avoine, seigle et châtaigne, et le mélange était tout à fait honnête.)
120 g de petits suisses (j'en ai mis 2.)
60 g de purée d'amande blanche
25g de sucre rapadura
une pincée de sel fin

(C'est mieux de travailler avec des ingrédients plutôt froids.)
Mélangez les petits suisses à la purée d'amande. Dans un grand saladier, disposez les farines et le sucre en puits, et ajoutez au centre le sel et le mélange petit suisse et amande. Mélangez bien et formez une boule de pâte. Au besoin, rajoutez un peu d'eau froide.
Une fois une boule obtenue, splatchez sur elle un peu d'eau,entourez-la d'un film plastique, et mettez-la au frais pour une heure au moins.

Au bout de ce temps, sortez la boule et abaissez-la en rectangle sur le plan de travail fariné. Pliez-la en trois comme une lettre, réétalez-la en rectangle, faites-lui faire un quart de tour, et répétez l'opération.






Remettez la pâte en boule et remettez-la au frais pour une petite heure (mais je pense que l'on peut sauter cette étape. Cela permet juste de préparer la pâte à l'avance, et de faire cuire juste au moment du repas.)

Séparez la boule en 4 petites, et étalez-les en petits ovales. J'aime bien ne pas utiliser de moules, et simplement rouloter des petites bordures...

Faites cuire ces fonds de tartelettes à blanc (garnies de papier cuisson et de légumes secs) 1/2 heure environ : ils doivent dorer mais pas brûler.

Pendant ce temps, préparer le reste :

La crème :
1 grosse pomme (toi-même)
2 cuillères à soupe bombées de purée d'amande complète
4 abricots secs
Une pincée de cannelle
Une cuillère à café de thym
(Facultatif : une pincée de lucuma. Ce n'est pas indispensable, cela ajoute de la rondeur à l'ensemble.)

Coupez la pomme en petits morceaux, placez-la crue dans le mixeur avec tout le reste, et mixez jusqu'à obtenir une crème.

Découpez environ 3 pommes en lamelles que vous garderez de côté.

Une fois les fonds de pâte cuits, enlevez le papier, étalez la crème et disposez les pommes sur le dessus. En touche finale, émiettez sur le dessus quelques morceaux d'amandes. A ce stade, 2 options :
*L'option raw (ou "gourmande trop impatiente") : dégustez tel quel. (Et fermez les yeux.)
*L'option half-raw (non moins gourmande) : remettez au four une bonne dizaine de minutes. Les pommes vont s'attendrir un peu sans cuire, les amandes se torréfier légèrement, et l'ensemble sera tiède, ce qui est un peu plus harmonieux en bouche. (J'ai vraiment trop regardé Top Chef.)

L'ensemble est assez nature, au bon goût d'amande, peu sucré, et l'on peut facilement rajouter une cuillère à soupe de miel (ou de sirop d'agave) pour napper le tout à la sortie du four.










6 commentaires:

  1. Oh la la, c'que c'est beau et inévitablement bon : y'a de la purée d'amandes et des pommes ! Je les adore !
    Tes tartelettes me mettent en appétit, j'ai trop faim ^^
    Merci de tes passages récurrents par chez moi, t'es adorable. Des bises gourmandes et à très bientôt **

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    1. Oh, mille mercis Laurence! Mais ne me remercie pas de m'inviter souvent chez toi, c'est que je m'y sens bien :-)
      C'est toi qui es adorable.
      Plein de bises gourmandes aussi!

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  2. Roh miam, miam, miam ! Ton intro est géniale (encore une fois ! ), et tes petites histoires aussi ! Ta pomme-doudou, c'est tellement mignon :)
    Et puis... j'adoooore les pommes. Je crois même que je les aime, tiens (à la folie en plus )
    Alors tes tartelettes vont vite atterrir dans mon assiette, héhé
    A bientôt !
    (et comment ça, je suis une grosse pomme? ;) )

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    1. Ha ha! Tu m'as fait trop rire Gaëlle! Tu n'es pas une grosse pomme, tu es un petit grain de raisin encore vert mais déjà tellement mûr :-)! Tu es trop gentille d'être passée ici! A très bientôt! Et bon courage (chez toi, ce n'est pas la douloureuse période des bacs blancs, là...?)

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    2. Hihi, quelle métaphore Cél ! (j'me trompe pas, c'est bien une métaphore, hein? Je ne voudrais pas raconter de bêtises, quand même ! ) Merci à toi, ça me fait très, très plaisir :D
      Aha, les bacs blancs sont passés depuis "longtemps" (mi-janvier). Là, c'était les dossiers pour APB (je crois que c'est encore pire niveau stress) ;)

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    3. Oh ne t'inquiète pas pour les APB, crois en ta bonne étoile. Honnêtement, j'ai connu ça, et je pense sincèrement que les ballotements et les directions que la vie nous réserve sont toujours, lorsqu'ils sont vécus avec les lunettes du positif, porteurs de lumière. Quoi qu'il arrive, l'année prochaine sera synonyme de changement mais de grand bonheur! Mes années prépa sont parmi les meilleures de ma petite vie! ;-)

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