dimanche 7 avril 2013

Miousic

J'ai peu, sur ces pages, partagé mes goûts musicaux. Ils sont variés, et c'est un sujet pourtant vaste pour la musicienne que je suis. C'est sans doute pour cette raison que j'en ai peu parlé, comme s'il y avait trop à dire, comme si cette vaste étendue m'effrayait non par son silence éternel mais par la trop grande variété de ses mélodies en contre-point.
Pourtant, en ce moment, j'ai des envies de simplicité.
Le printemps a beau être timide, je renais. Je suis pleine de nouveau, de frais, de sérénité, et je déguste à sa juste valeur ce petit printemps intérieur.

Au volant de ma petite voiture, je ne suis plus trop dans ma période radio, les voix des journalistes ne me déplaisent pas, mais je suis fatiguée du vacarme médiatique, sans parler des publicités pour le cassoulet c'est la faute à Roquelaure et en ce moment chez Leclerc moins 30% sur de nombreux produits Philippe et allez tous chez Euromaster. Du coup, cette semaine, j'ai dégainé le CD (puisque ma voiture est trèèès perfectionnée, et qu'à l'inverse de la précédente, elle lit les CD. Merveille. Mais j'ai appris que les véhicules encore plus récents ne les lisaient plus, au profit de la clé USB. Tout se perd, ma bonne Lucette.)
Je n'en avais que deux, j'ai alterné.

Rien à voir, les cocos.


Oui, je suis une fille du contraste.

Le premier, celui de gauche, est une petite merveille de douceur. Il s'agit des Valsos Poeticos de Granados, interprétées avec beaucoup de délicatesse par Luis Fernando Perez. Ces pièces pour piano sont magnifiques, elles sont endiablées de la fougue et de la richesse de l'Espagne.
Je n'avais jamais trouvé une interprétation à mon goût, et celle-ci touche la perfection, juste romantique sans être écoeurante, juste très libre tout en étant extrêmement maîtrisée.

 On sent toute la grâce et l'énergie de la musique espagnole du siècle dernier dans ces notes-là.
On en ressort apaisé et revigoré à la fois. L'esprit loin, vers les palais de L'Ahlambra, vers les montagnes ensoleillées d'Andalousie, que je ne connais pas mais qui me font rêver.












 En plus j'ai un CD dédicacé, groupie d'un jour, groupie de toujours...
 Et l'autre, celui de droite, un autre monde.
Quand je passe de l'un à l'autre, je passe du confidentiel au grand public. Du petit salon de thé pour dames à la salle bondée et obscure de cinéma.

Cette B.O. est magnifique, comme toutes celles des films de Tarantino. J'aime que certains titres soient de Tarantino lui-même, car il est rare aujourd'hui que le réalisateur soit aussi l'auteur de la B.O, et que c'est témoin de l'importance qu'il donne au choix de la musique dans son film.
J'aime ce côté un peu survolté d'ensemble, très Tarantino, ce côté trempé assumé, un peu éclaté, un peu fou, toujours "border line"... A chaque titre, on s'attend à tout, une chanson douce, un rock un peu déchiré, des paroles en anglais, en italien, et surtout, des bonnes chansons très teintées Western qui donnent envie de garer sa voiture en faisant voler la poussière et de s'en griller une, acoudé(e) sur la portière, avec flegme et détermination.

C'est l'occasion de prolonger le bonheur du film, de laisser l'esprit se balader dans son univers, réfléchir à son histoire. C'est aussi l'occasion de voyager, dans le temps et dans l'espace, dans une Amérique scindée.

Le voyage, l'ailleurs, c'est peut-être le point commun de ces deux CD qui ont habité ma boîte à gants et mes oreilles pendant une semaine de trajets tôt le matin et tard le soir.
Dans les deux cas, on ne s'en lasse pas...
Et quand on sort le CD du lecteur, et que l'on entend, même deux secondes, la pub Euromaster, on coupe le contact le plus vite possible pour oublier cet atterrissage douloureux!

5 commentaires:

  1. Un petit conseil d'expérience : couper le son avant de sortir le CD du lecteur ;-)
    Sinon, merci pour ce post : il suffisait de commencer par quelque part !
    Et Luis Fernando Perez, sur cette pochette, a des mains... inutile de lire pour savoir que c'est un pianiste ! Les mains si belles et ainsi, non pas lâchées mais disposées dans le vide, je ne vois pas comment mieux dire.

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    1. Jolie formule! Oui, elles sont négligemment mises en valeur...

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  2. Oh... Granados, Albeniz, des moustachus qui avaient la classe !
    Je ne connais pas cette version, ni ce pianiste, mais je vais aller l'écouter du coup.

    J'aime beaucoup cette danse, de Granados :
    http://www.youtube.com/watch?v=l65_W5yNARI
    (même si je trouve que l'adaptation manque de... je ne sais pas, de liberté peut-être)

    Quant à Django... n'en parlons pas !

    De quoi se donner une belle énergie le matin, dis-moi :)

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    1. Oh oui, celle-ci aussi, elle est magnifique! Je l'ai jouée, quand j'étais jeune ;-) Je me souviens que je ne devais pas l'interpréter brillamment, mais que je l'adorais.
      Tu as raison, ce lien youtube n'est pas la plus belle interprétation. Je la trouve très très rapide! Je crois que je préfère lorsqu'elle est plus lente, plus sereine. Je crois qu'Alicia de la Rocha en a enregistré une jolie, mais je ne sais pas si elle est en ligne...
      Merci de ce partage! Et si jamais tu peux écouter Granados version Pérez, dis-moi ce que tu en penses! Mais c'est vraiment pas mal...(si j'ose m'exprimer ainsi !)

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  3. Je vais chercher !

    En attendant, j'ai trouvé cette version, que je trouve bien plus belle que le lien que j'avais mis, plus lente, plus... orientale ^^
    http://www.youtube.com/watch?v=SvxsWg3bsLg

    J'avais travaillé l'Andaluza, mais elle est d'un style très différent. Je crois que je vais profiter des vacances pour me mettre à celle-ci...

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