lundi 13 février 2012

Quand la neige fond, où va le blanc?

                  
                         Je me posais cette question d'enfant en regardant disparaître la jolie couverture blanche qui avait tout recouvert. C'est si troublant, ce retour de la norme, cette révélation de "ce qu'il y a dessous". Déshabillez-moi, mais pas trop vite, pas tout de suite, disent les paysages.
      Ne soyez pas comme tous les hommes, trop pressé.




          Quand j'étais petite, il y avait ce livre, accompagné de chansons, qui me terrorisait. "Dans le pays blanc, blanc blanc blanc", disait la chanson du pays blanc, qui avait perdu les couleurs : c'est bien simple, j'en étais traumatisée. A-t-on idée d'écrire ce genre d'histoire aux enfants, c'est terrible, comme concept! Un pays sans couleurs!

    

        Le manteau blanc de la semaine dernière avait des échos de la chanson du pays blanc. Si beau, si doux, et en même temps si uniforme. Blanc blanc blanc. Et voilà que l'on passe à la couleur. Touche de vert, touche de marron, c'est triste, cette beauté qui s'en va, et c'est rassurant, cette couleur qui revient. Le monde nous rappelle qu'il est en version Technicolor.














   










                 Cela me faisait penser à la "noirceur secrète du lait" dont parlait Audiberti. Ce liquide blanc n'est blanc qu'au contact de la lumière, en surface. Il faut imaginer qu'il est noir, dessous, mais cette noirceur est difficilement concevable puisqu'en essayant de la voir, on porte le liquide à la lumière, et qu'il est alors blanc...
       Il y a un peu en chacun de nous une noirceur secrète du lait. Une part de mystère que l'on ne conçoit pas parfaitement, qui nous échappe, et qui, si on la remonte à la surface, est transformée par le contact avec la lumière.


         Un peu de nous dans l'ombre, un peu de nous à la lumière. Un peu parfois en noir et blanc, et un peu en couleurs. Heureusement que nous ne sommes pas uniformes, finalement, heureusement que parfois, la neige fond, le blanc disparaît je-ne-sais-où, et que l'on peut voir des petites touches de couleur. Une personnalité en impressionnisme...

3 commentaires:

  1. C'est toujours un vif plaisir de lire tes pensées subtiles, poétiques, élégamment écrites. Continue ! Et j'adore l'association coton/cookie, c'est une jolie idée !

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  2. Merci pour ces jolis compliments! Venant de toi, ils me vont droit au cœur! Et merci de tes encouragements à continuer de me promener dans ce petit endroit simple et douillet, c'est un coin de rêverie que je prends plaisir à décorer, et si c'est un plaisir partagé, j'en suis ravie!

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  3. Il n'y a qu'un léger rapport avec ton article, mais bon...

    Pour les Grecs, des fleuves de lait et des rivières de nectar coulaient sur la Terre pendant l'Age d'or, permettant aux premiers hommes de se délecter de délicieux breuvages sans avoir à fournir le fastidieux effort de la traite de la vache (ou de la chèvre, ou de la brebis).

    Question d'un 5e : "Mais alors, quand la rivière se jette dans le fleuve, ça fait quoi ?"

    La poésie du mythe originel n'atteint pas la blanche mais si terre-à-terre colombe.

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