lundi 9 janvier 2012

Z en poudre

Samedi, j'ai trouvé un truc marrant. Je faisais un tour intéressé à Artisans du monde, et j'ai toujours du mal à en sortir les mains vides. Ce jour là, parmi d'autres trésors, un petit pot qui venait du Liban a attiré mon regard : du Zaatar. J'avais déjà entendu parler de ce condiment oriental, composé de sésame, d'origan et de zumac, mais c'est introuvable, et je me sentais donc comme une chineuse qui vient de dénicher un camée XIXème quand je suis ressortie avec mon petit pot de Zaatar dans mon sac à main.

Rien que pour le nom, je crois que j'aurais pris cette petite poudre de perlimpinpin qui sonne comme une promesse du génie d'Aladdin, comme un ingrédient secret dans la confection d'un pudding ottoman. C'est de plus une poudre verte (dominée par l'origan), et on dirait presque qu'en l'intégrant à une préparation, un gros "pop" de fumée va se produire, et que le destinataire du plat va se changer en babouche pointue à grelots.
D'ailleurs, sur la notice, ils disent qu'il faut la saupoudrer en murmurant "Zaatar". (Et si on ne roule pas le r, ça ne marche pas.)

Z'est za.


Il me restait à en faire quelque chose. Le défi était de l'utiliser hier soir, au cours d'un repas qui devait être à la fois nourrissant et facile à digérer pour D. qui enchaînait avec une nuit de car et une semaine à encadrer des enfants dans la neige.
Pendant qu'il aplatissait les polaires pour les faire rentrer dans la valise (en s'énervant un peu d'ailleurs), je lui ai concocté un pique nique pour le lendemain midi, de quoi lui donner un peu d'encouragement : un sandwitch qui n'avait rien du triangle SNCF... 

(Un petit pain maison tout frais, garni de jambon et de lamelles de tome de brebis)

(Moelleux au Cointreau et écorces d'oranges)
et un dessert qui n'avait rien du Papy Brossard sous vide...
Le truc, c'est qu'en confectionnant amoureusement cet ensemble, je me demandais toujours ce que je pourrais bien faire de mon Zaatar. Je mettais une fève dans le moelleux pendant que le petit pot me narguait, avec son Z qui veut dire Zi tu veux pas tant pis j'en ferai pas une maladie, mais décide toi ma vieille. (Oui, tout ça, il disait, le Z.) Quand l'illumination s'est faite dans mon cerveau embrumé, j'étais toute contente, même si j'envisageais de goûter le Cointreau pour être inspirée et que cette résolution du problème faisait avorter mon projet alcoolisé. J'ai fait une pâte à pain (pour le sandwitch, il faut suivre, les amis), que j'ai divisée en deux : une boule pour le pique nique, et deux petites, aplaties, que j'ai laissé reposer une petite heure. Sur ces deux ovales, j'ai semé des carrés de Mozzarella, des petits morceaux de tomate, un bon slurp d'huile d'olive, et une grosse cuillère à soupe de Zaatar par galette.
Après 20 minutes de cuisson, j'ai eu ça :
Galette au fromage et au Zaatar (Zadaam!)
Et z'était zacrément bon. Des galettes croustillantes dessous, fondantes dessus, à mi-chemin entre la pizza, la fougasse et le naan au fromage, enfin deux ovales improvisés qui remplissaient parfaitement le contrat. 
Il me reste encore plein de Zaatar, mais je sens que ma poudre magique va rapidement trouver une place sur plein d'autres choses, parce que ce petit goût herbé est très agréable.
Si vous n'arrivez pas à trouver du Zaatar, tant pis pour vous essayez l'Artisan du monde de chez vous, ou alors mélangez de l'origan, du poivre, du sésame, cela ressemblera un peu. Mais les effets magiques d'Aladdin seront nuls, alors que chez nous, les vœux murmurés ont été exaucés : celui qui a eu la fève est à bon port...

Il reste une petite semaine en solitaire qui va vite passer...      Zaatar...


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