vendredi 13 janvier 2012

Ni une ni deux


Bon, mon solo s'achève, et je m'en réjouis : je préfère les partitions à plusieurs mains.

Dans la série des occupations d'une esseulée pas désespérée mais impatiente, dans la famille des choses que j'ai faites en attendant de retrouver une vie normale, je continue. Dans la suite de cette semaine...

-J'ai aidé ma petite sœur à trouver un pantalon rouge, qui lui va tellement bien que depuis, je me demande si je ne vais pas essayer d'en trouver un qui ressemble.

-Avant Son départ, il m'assurait que je me rendrais compte en son absence de son rôle essentiel dans les tâches ménagères. "Par exemple?" demandai-je, sournoise. "Je sors toujours les poubelles le mardi", a-t-il eu l'audace de répondre (sans trouver d'autres arguments). Je pouffai alors en assurant que la tâche ne m'effrayait pas, et que j'allais la prendre en charge sans souci.
Je vous le donne en mille : j'ai oublié.
Il revient demain, la poubelle déborde, et il n'a pas fini d'exulter.

-J'ai fait le plein d'essence. Je déteste faire le plein. J'ai horreur de ça. J'en mets partout, ça sent mauvais, je tiens le tuyau du bout des mains, je tache mes gants, je n'appuie pas assez fort. Mais là, j'étais au bord de la panne.
Je me suis arrêtée, désœuvrée, dans une petite station de campagne, dans laquelle j'ai mis trois heures à comprendre que mettre ma carte bleue dans la machine ne servait à rien parce qu'il me faudrait payer à la caisse. Après, je ne savais pas comment sélectionner mon essence, j'ai appuyé partout (alors qu'il suffisait de soulever la pompe, en fait. Et comment pouvais-je le deviner, hein?) Ensuite, l'essence ne sortait pas, j'ai cru que je devais appuyer ailleurs, j'ai ressorti la pompe, je l'ai rangée, ressortie, remise dans le réservoir, ressortie, remise, maudissant les chercheurs de ne pas avoir inventé une voiture qui se remplirait toute seule dans la nuit pendant notre sommeil. Enfin, je ne sais par quel miracle (peut-être que quelqu'un, à l'intérieur de la station, a enclenché quelque chose, allez savoir), l'essence est venue, j'ai fait le plein, et je croyais que mon calvaire touchait à sa fin. Allons donc, c'était sans compter les démons du vendredi 13, facétieux et masculins, qui devaient être pliés de voir que je n'arrivais pas à refermer mon réservoir. Je tournais, retournais, rien à faire, la clé restait coincée dans le bouchon qui ne rentrait plus dans le trou. (Comme il y a aussi des anges du vendredi 13, personne n'attendait derrière moi, ce qui somme toute adoucit clairement ma peine.) Au bout de quelques minutes d'énervement, je suis rentrée dans la station, j'ai trouvé un garagiste, qui m'a regardée, avec ma petite robe, mon manteau rouge, mes collants, et le bitogneau du réservoir que je tenais à bout de bras avec mes mains gantées, le trousseau de clé planté à l'intérieur. (Là-haut, les démons du vendredi 13 se tordaient de rire.) J'ai expliqué que je n'arrivais pas à refermer cette chose, en me répétant intérieurement que le ridicule n'avait jamais tué personne. Avec beaucoup de rapidité et de gentillesse, le garagiste m'a refermé le bidule, en m'expliquant que j'avais dû tourner la clé à l'intérieur avant d'essayer de refermer. Je l'ai bien remercié, je me suis trompée de porte pour aller payer, et je suis repartie, en faisant un demi-tour en douze temps parce que j'étais coincée sur le parking, pendant que les démons pleuraient dans leurs éclats de rire en tapant le sol de leurs poings.

-J'ai été réveillée la nuit par le moindre bruit. Les ronflements et les paroles nocturnes peuvent me laisser de marbre, mais une fois seule, je sursaute au moindre clic du ballon d'eau chaude. C'est amusant.
Fatigant, mais amusant, quoi.

-J'ai fredonné, en faisant la vaisselle frénétiquement, et en rêvassant devant la brume si opaque cette semaine,
"Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu ne se rattrape plus..."

-J'ai mis un jean informe avec des vieux T shirts en coton. (Genre rien à fout').

-Mais pour trancher avec ce look, je me suis refait les ongles d'une autre couleur. (Genre c'est ça qui est rock and roll. Allez comprendre.)

-J'ai compté les heures...


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