lundi 21 novembre 2011

L'aube a ses promesses


Je ne suis pas du matin. 

Le réveil a toujours été pour moi un outil douloureux, associé à un moment cruel, un instrument nécessaire à la bonne vie en société mais contre nature, un peu comme peuvent l'être les cotons tiges, les cuillères à melon ou les chaussures à talons aiguille.

Petite, j'allais même jusqu'à mettre mon réveil à l'autre bout de ma chambre, pour me forcer à me sortir du lit pour l'éteindre, sa sonnerie ne suffisant pas à m'extirper des douceurs du sommeil.
J'ai tout essayé, les réveils en musique, en lumière, la promesse d'un petit déjeuner hors du commun, les vêtements au pied du lit, la lotion du visage qui sent bon, mais ces astuces ne sont que des morceaux de sucres qui n'aident pas tant que ça la médecine à couler.

Il en va du réveil forcé chez moi comme de la visite chez le dentiste chez d'autres : il est vécu comme moment indispensable, qui engendre une crainte avant sa réalisation, qui provoque une souffrance supportable mais notable sur le moment, et qui laisse un mauvais goût dans la bouche pendant les heures qui suivent. A chacun son rythme.

J'atteins, j'ai pu le mesurer aux moments de ma vie où j'étais livrée à moi-même dans mon travail, ma forme optimale en fin de matinée et surtout en fin de journée. Dans un large moment qui va de 17 à 22h. C'est alors que je peux le mieux produire et agir, c'est alors que je fais du sport ou que je cuisine, j'écris, je joue de la guitare, je prépare les jours à venir : ce que je fais en fin de journée s'imprime sans difficulté dans mon cerveau que la lumière vespérale inspire et électrise.

Pourtant, bizarrerie de l'organisme, il y a des exceptions. Parfois, alors que ce n'est pas nécessaire, je me réveille à l'aube. Avant la lumière, avant que tout commence, avant que l'un de nos deux réveils ne sonne. Et cet instant est alors savoureux par son caractère exceptionnel. Un je-ne-sais-quoi me pousse à goûter ce à quoi je ne goûte jamais, à voir ce que ma nature relègue au second plan, ce que, sans le choisir vraiment, j'évite.

Un vrai lever de soleil.



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